III/ Les influences artistiques

B/...Aux influences suscitées

La peinture

Dans un premier temps, nous allons montrer l'influence qu'a eu Lamartine sur Frederick Kensett (1816-1872). Comme lui, de nombreux peintres se sont inspirés du célèbre poème de Lamartine "Le Lac" pour créer leurs tableaux. Ainsi l’œuvre de Kensett retraduit parfaitement les sentiments éprouvés par Lamartine dans son poème:la déception amoureuse, la fuite du temps…On retrouve ce sentiment de nostalgie créé par "l’écume de tes ondes " lorsque Lamartine s’assoit "sur cette pierre" et qu’il se sent poussé vers "de nouveaux rivages". Le poète éprouve une véritable admiration pour le lac il utilise même une apostrophe "ô lac!". Ce sentiment d’admiration est aussi très présent dans le tableau de Kensett.

Un lac,Frederick Kensett,1869
Un lac,Frederick Kensett,1869

"Le Lac", Méditations poétiques,Lamartine,1820

"Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes ;
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés ;
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.(…)"

Dans un second temps nous allons expliquer l’influence qu’a eu Hugo sur Herbert Draper(1863-1920).Le tableau de Draper dresse le portrait de “Sara la baigneuse” dont il question dans le poème des Orientales (1829) de Victor Hugo. En effet, la description de la jeune fille par le poète ressemble fortement à celle représentée sur le tableau: elle fait battre son “pied timide” au bord de l’eau. Ses habits traînent sur de “larges dalles”.

La Kelpie,Herbert Draper,1913
La Kelpie,Herbert Draper,1913

"Sara la baigneuse",Victor Hugo,1828

(...)"Elle bat d'un pied timide
L'onde humide
Où tremble un mouvant tableau,
Fait rougir son pied d'albâtre,
Et, folâtre,
Rit de la fraîcheur de l'eau.(...)

Puis, je pourrais, sans qu'on presse
Ma paresse,
Laisser avec mes habits
Traîner sur les larges dalles

Mes sandales
De drap brodé de rubis.(...)

L'eau, du pied de la baigneuse
Peu soigneuse,
Rejaillit sur le gazon,
Sur sa chemise plissée,
Balancée
Aux branches d'un vert buisson."(...)

La musique

Pour finir, nous allons voir l’influence de Hugo sur Hector Berlioz(1821-1869). Berlioz était un lecteur passionné des œuvres de Hugo. Dès la publication en 1829 des Orientales, Berlioz met des poèmes en musique tel que “La Captive” , de même le Dernier Jour d’un condamné lui inspire une grande partie de la Symphonie fantastique écrit en 1830. Le musicien applaudit aux productions de l’écrivain et est très enthousiasme à la lecture de Notre-Dame de Paris. Cependant, Berlioz ne partage pas du tout l’opposition de Hugo au Second Empire. Tous deux ont une grande énergie morale et une grande force de volonté ils aiment l’art rêveur et compliqué de l’Allemagne et de l’Angleterre et ils détestent la ligne trop simple de l’art classique. Ils aiment également retranscrire les effets de la nature. Faust déclare: “Hector Berlioz nous paraît former, avec Hugo et Delacroix,la trinité de l’art romantique". De la même façon, la Gazette de Moscou déclare: “Berlioz est dans nos murs, c’est le Victor Hugo de la musique française".

"La Captive", Les Orientales, Victor Hugo, 1829

"Si je n'étais captive,
J'aimerais ce pays,
Et cette mer plaintive,
Et ces champs de maïs,
Et ces astres sans nombre,
Si le long du mur sombre
N'étincelait dans l'ombre
Le sabre des spahis(…)"

On notera aussi que Liszt mis également en musique “Mazeppa” des Orientales.
Outre Berlioz de nombreux artistes ont été influencés par Victor Hugo, mais ils restent cependant moins connus, tels que Fauré, Franck Bizet, Donizetti, Widor.

Quant à Lamartine, le compositeur hongrois Franz Liszt (1811-1886) créa un opéra symphonique à partir de son poème “Les Préludes”. Il créa aussi un cycle pour piano inspiré des Harmonies poétiques et religieuses(1830).

"Les Préludes", Nouvelles Méditations Poétiques, Lamartine, 1823

"La nuit, pour rafraîchir la nature embrassée
De ses cheveux d'ébène exprimant la rosée,
Pose au sommet des monts ses pieds silencieux,
Et l'ombre et le sommeil descendent sur mes yeux
C'était l'heure où jadis !... Mais aujourd'hui mon âme,
Comme un feu dont le vent n'excite plus la flamme,
Fait pour se ranimer un inutile effort,
Retombe sur soi-même, et languit et s'endort !
Que ce calme lui pèse ! Ô lyre! ô mon génie !
Musique intérieure, ineffable harmonie,
Harpes, que j'entendais résonner dans les airs
Comme un écho lointain des célestes concerts,
Pendant qu'il en est temps, pendant qu'il vibre encore,
Venez, venez bercer ce cœur qui vous implore.
Et toi qui donnes l'âme à mon luth inspiré,
Esprit capricieux, viens, prélude à ton gré !(…)"

Lamartine a aussi inspiré George Brassens(1921-1981) pour sa chanson “Pensée des morts”, dont les paroles sont tirées du poème du même nom.

"Pensée des morts", Harmonies poétiques et religieuses, Lamartine, 1830

"Voilà les feuilles sans sève
qui tombent sur le gazon
voilà le vent qui s'élève
et gémit dans le vallon
voilà l'errante hirondelle
qui rase du bout de l'aile
l'eau dormante des marais
voilà l'enfant des chaumières
qui glane sur les bruyères
le bois tombé des forêts(…)"

Y'a plus rien à lire, faut remonter maintenant !

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