En France, le Premier Empire est le régime instauré par Napoléon Bonaparte en 1804. Cet Empire est très prometteur, Napoléon est un homme puissant et admiré de tous et cela s'accentue encore lorsqu'il se proclame Empereur. Son but depuis le début est d'anéantir le Royaume-Uni car selon lui, la paix ne peut s'établir à cause de lui. Pendant qu'il supervise cette invasion, à l'autre bout de l'Europe il doit faire face à une guerre soudaine. Il mène une offensive en combattant avec la Grande Armée en Autriche où il s'assure une brillante victoire le 2 décembre 1802 contre l'Autriche et la Russie lors de la bataille d'Austerlitz. Son succès continue de se faire grandissant jusqu'à la défaite à Waterloo en 1815. Les Anglais s'allient avec les Prussiens et les Néerlandais et deviennent ainsi beaucoup plus nombreux. L'armée française est massacrée et lors de son retour à Paris, Napoléon est obligé d'abdiquer.
Débute alors la Restauration qui créee énormément de désillusions.En effet, les nobles estiment leurs mérites mal récompensés; les ouvriers regrettent la période de plein emploi et de hauts salaires; toute la génération née avec l'Empire et élevée dans le sentiment de la gloire découvre une France faible. C'est une génération désenchantée qui finit par éprouver le "mal du siècle", c'est à dire la nostalgie de cet Empire suite à la défaite Napoléonienne où la Société est rendue coupable et s'invente alors un monde de rêve.
Beaucoup d'écrivains romantiques sont nés sous le Premier Empire comme Victor Hugo(1802) ou quelques années avant comme Lamartine (1790). Ils ont "grandi" avec Napoléon et c'est pour eux un héros. La déception générale est créée par la Restauration et c'est ce qui les pousse à exprimer ce qu'ils ressentent.
Beaucoup d'oeuvres romantiques comme la Confession d'un enfant du siècle de Musset dont voici deux extraits, évoquent ce qu'a été le mal du siècle et la grande figure qu'a été Napoléon.
Le premier traite du mal du siècle qui est considéré comme une "maladie", "un membre pourri" dont l'auteur souffre:
La Confession d'un enfant du siècle, Musset, Chapitre I
"Pour écrire l’histoire de sa vie, il faut d’abord avoir vécu ; aussi n’est-ce pas la mienne que j’écris.
Mais de même qu’un blessé atteint de la gangrène s’en va dans un amphithéâtre se faire couper un membre pourri ; et le professeur qui l’ampute, couvrant d’un linge blanc le membre séparé du corps, le fait circuler de mains en mains par tout l’amphithéâtre, pour que les élèves l’examinent ; de même, lorsqu’un certain temps de l’existence d’un homme, et, pour ainsi dire, un des membres de sa vie, a été blessé et gangrené par une maladie morale, il peut couper cette portion de lui-même, la retrancher du reste de sa vie, et la faire circuler sur la place publique, afin que les gens du même âge palpent et jugent la maladie.
Ainsi, ayant été atteint, dans la première fleur de la jeunesse, d’une maladie morale abominable, je raconte ce qui m’est arrivé pendant trois ans. Si j’étais seul malade, je n’en dirais rien ; mais comme il y en a beaucoup d’autres que moi qui souffrent du même mal, j’écris pour ceux-là, sans trop savoir s’ils y feront attention ; car, dans le cas où personne n’y prendrait garde, j’aurai encore retiré ce fruit de mes paroles de m’être mieux guéri moi-même, et, comme le renard pris au piège, j’aurai rongé mon pied captif."
Le deuxième extrait évoque la domination de Napoléon ("un seul homme") sur la génération romantique et le regret exprimé par "jamais il n'y eut":
La Confession d'un enfant du siècle, Musset, Chapitre II
"Un seul homme était en vie alors en Europe ; le reste des êtres tâchait de se remplir les poumons de l’air qu’il avait respiré. Chaque année, la France faisait présent à cet homme de trois cent mille jeunes gens ; et lui, prenant avec un sourire cette fibre nouvelle arrachée au cœur de l’humanité, il la tordait entre ses mains, et en faisait une corde neuve à son arc ; puis il posait sur cet arc une de ces flèches qui traversèrent le monde, et s’en furent tomber dans une petite vallée d’une île déserte, sous un saule pleureur.
Jamais il n’y eut tant de nuits sans sommeil que du temps de cet homme ; jamais on ne vit se pencher sur les remparts des villes un tel peuple de mères désolées ; jamais il n’y eut un tel silence autour de ceux qui parlaient de mort. Et pourtant jamais il n’y eut tant de joie, tant de vie, tant de fanfares guerrières dans tous les cœurs ; jamais il n’y eut de soleils si purs que ceux qui séchèrent tout ce sang."
Y'a plus rien à lire, faut remonter maintenant !
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