En Allemagne en 1770, né le mouvement du Sturm Und Drang (Tempête et Elan) avec pour grands maitres Goethe et Schiller. Le noyau de ce mouvement est une jeunesse qui se révolte contre la domination bourgeoise et réunit de nombreux jeunes poètes qui essayent de rompre les conventions morales et créent leurs propres règles basées sur la liberté et la justice.
Goethe (1749-1832) est l'auteur de l'oeuvre clé de cette époque: Les Souffrances du jeune Werther (1774). Ce roman épistolaire raconte l'histoire de Werther, un héros romantique allemand passionné qui tombe éperduement amoureux de Charlotte. Cependant, celle-ci étant mariée, cet amour est impossible.
On retrouve dans le livre deux parties distinctes. La première où l'on retrouve l'exaltation des sentiments amoureux, avec la rencontre de son amour, en voici deux extraits:
19 juillet. "Je la verrai ! voilà mon premier mot lorsque je m'éveille, et qu'avec sérénité je regarde le beau soleil levant ; je la verrai ! Et alors je n'ai plus, pour toute la journée, aucun autre désir. Tout va là, tout s'engouffre dans cette perspective."
26 juillet. "Oui, chère Charlotte, je m'acquitterai de tout. Seulement donnez-moi plus souvent des commissions ; donnez-m'en bien souvent. Je vous prie d'une chose : plus de sable sur les billets que vous m'écrivez ! Aujourd'hui je portai vivement voire lettre à mes lèvres, et le sable craqua sous mes dents."
Puis dans une seconde, une vision un peu plus "cauchemardesque" du romantisme, où Werther se rend compte de l'impossibilité de cet amour et sa déception est si grande qu'il ne trouve que pour seule échappatoire la mort, en se suicidant, voici un extrait où Werther, écoeuré du mariage de Charlotte et Albert, n'a plus aucun goût pour la vie:
21 août. "En un tour de main tout change avec moi. Souvent un doux rayon de la vie veut bien se lever de nouveau et m'éclairer d'une demi-clarté, hélas ! seulement pour un moment. Quand je me perds aussi dans des rêves, je ne puis me défendre de cette pensée ; Quoi ! si Albert mourait ! tu deviendrais... oui, elle deviendrait... Alors je poursuis ce fantôme jusqu'à ce qu'il me conduise à des abîmes sur le bord desquels je m'arrête et recule en tremblant."
"Si je sors de la ville et que je me retrouve sur cette route que je parcourus en voiture la première fois que j'allai prendre Charlotte pour la conduire au bal, quel changement ! Tout, tout a disparu. Il ne me reste plus rien de ce monde qui a passé ; pas un battement de cœur du sentiment que j'éprouvais alors. Je suis comme un esprit qui, revenant dans le château qu'il bâtît autrefois lorsqu'il était un puissant prince, qu'il décora de tous les dons de la magnificence, et qu'il laissa en mourant à un fils plein d'espérance, le trouverait brûlé et démoli."
Le succès de l'oeuvre est grandissante et ce, dans toute l'Europe.
On peut penser que Lamartine s'est inspiré de Goethe puisque, premièrement il déclare:

Portrait de Lamartine par Théodore Chassériau,1844

Dessin extrait Des souffrances du jeune Werther par Tony Johannot

Charlotte jouant du piano pour les enfants, sous l'oeil attendrit de Werther par Tony Johannot
Lamartine peut nous faire penser à Werther, en effet ce sont deux personnes qui ont beaucoup de points communs: ils sont seuls et ont besoin pour se consoler de leurs proches, ils ont été beaucoup déçus par leurs amours et souffrent énormément du temps qui passe.
Nous avons décidé de confronter des passages des Souffrances du jeune Werther et des Méditations Poétiques afin de montrer les similitudes entre les thèmes de la Nature et de la fuite du temps.
| Les souffrances du jeune Werther,livre second | Méditations Poétiques |
|---|---|
| 3 Novembre:
"Dieu sait combien de fois je me mets au lit avec le désir et quelquefois l'espérance de ne pas me réveiller; et le matin j'ouvre les yeux, je revois le soleil, et je suis malheureux; Oh! Que ne puis-je être d'humeur inégale! Que ne puis-je m'en prendre au temps, à un fardeau de ma peine ne pèserait qu'à demi sur moi. Malheureux que je suis! Je ne sans que trop que tout la faute est à moi seul."
19 Octobre: "Tous les mortels se voient déçus dans leurs espérances, trompés dans leur attente. Hélas!ce vide affreux que je sens dans mon sein!Je pense souvent: Si tu pouvais une fois, une seule fois la presser contre ce coeur, tout ce vide serait comblé." |
"Le Lac" |

Le jeune Werther est rétrouvé mort par son domestique. Il mit fin à ses jours car il ne pouvait plus supporter de voir son amour dans les bras d'un autre, gravure de Tony Johannot

Portrait de Johann Wolfang Von Goethe par Duyckinick
Quant à Victor Hugo qui n'aime pas du tout Goethe et ses écrits, il se sera peu ou pas inspiré de la littérature romantique allemande, mais en revanche plus de la littérature anglaise. En effet, d'Allemagne le mouvement romantique passe en Angleterre. Mais il y fût moins marqué que par la littérature anglaise.
Y'a plus rien à lire, faut remonter maintenant !
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